Du bio pour les animaux?
Faire vous-mêmes la nourriture de vos animaux, c'est non seulement très bon pour leur santé, mais c'est aussi beaucoup plus facile que vous ne le croyez! Par Rita DeMontis - Sun Media
Ils font leur propre nourriture pour animaux. Et c'est plus facile que vous ne le croyez.
Selon Statistique Canada, les animaux de compagnie génèrent des dépenses de 4 milliards $ par année au Canada, dont une forte proportion est consacrée à la nourriture et aux frais de vétérinaire.
Pourtant, qui a décidé qu'il ne fallait absolument acheter que des marques commerciales d'aliments pour animaux pour être un propriétaire responsable?
C'est le vétérinaire Richard Pitcairn, dans son excellent livre Complete Guide to Natural Health For Dogs and Cats (le Guide complet de la santé naturelle des chiens et des chats), aux éditions Rodale, qui a investi beaucoup d'efforts pour étudier le rôle crucial de la nutrition dans la santé des animaux. Il a ainsi établi qu'il y avait des bénéfices à modifier le régime alimentaire de nos animaux de compagnie, axée sur la nourriture commerciale, de façon à y inclure des aliments frais et naturels ainsi que des suppléments riches en éléments nutritifs comme de l'huile de foie de morue, de la vitamine E et du zinc.
«Ma formation en nutrition à l'école de médecine vétérinaire s'est à peu près limitée au simple avertissement «dites à vos clients de donner une bonne nourriture commerciale à leurs animaux et d'éviter les restes de table »», a écrit le Dr Pitcairn.
Le gentil vétérinaire s'est toutefois mis à examiner ce qu'on retrouve dans les aliments transformés, et il s'est rendu compte que c'était là l'équivalent de demander quels sont les ingrédients d'une saucisse à chien-chaud.
«De la façon dont l'étiquetage fonctionne, ça ne nous donne pas vraiment d'indications sur la qualité de la nourriture», a affirmé le Dr Pitcairn, soulignant notamment qu'il est souvent difficile d'évaluer les quantités de protéine dans la nourriture et comment ces quantités affectent la capacité d'un animal à bien digérer.
Aussi, dit-il, «les produits à base de viande» peuvent vouloir dire plusieurs choses, comme de la farine de plumes de volaille, des tissus conjonctifs (comme du cartilage), de la farine de cuir - oui, du cuir comme celui qu'on utilise pour faire des souliers et des ceintures - des résidus fécaux de volaille et d'autres animaux. Ah oui, on peut aussi y retrouver du poil de cheval et de bétail.
Le Dr Pitcairn affirme que «les étiquettes ne nous en disent pas toujours assez» et que le régime alimentaire idéal d'un animal de compagnie devrait inclure «des quantités et une qualité adéquates de protéine, de gras, de vitamines et minéraux, ainsi que les atouts moins tangibles associés aux aliments vivants et frais».
Il est légitime à titre de propriétaire responsable, selon lui, de regarder au-delà de la boîte de conserve habituelle. Et de songer à un régime alimentaire de base, naturel, agrémenté de suppléments.
«Donner à notre animal une nourriture plus fraîche et plus naturelle nécessite plus de temps et d'efforts, et ce n'est certainement pas aussi facile que d'ouvrir un sac de croquettes. Mais vous investissez dans la santé de votre animal une journée à la fois et, bien qu'il faut y mettre un certain effort, c'est plus facile à la longue que de composer avec les problèmes de santé chroniques de votre animal.»
Cela ne signifie pas qu'il faut y aller à fond avec un régime alimentaire de «restes de table», affirment le Dr Pitcairn et ses associés, qui ont pondu un autre excellent livre, Better Food For Dogs cookbook and nutrition guide (Guide de nutrition pour une meilleure alimentation des chiens), aux éditions RobertRose. «Des restes de table malsains peuvent augmenter le risque de développer des carences nutritives et peut-être des problèmes de santé plus graves... Les restes de viande, par exemple, sont susceptibles d'avoir des niveaux élevés de gras et un régime trop gras peut mener à des troubles gastro-intestinaux, qui peuvent aller jusqu'à causer la mort.»
Quelle est la solution? D'un côté, on a accès à une bonne nourriture commerciale prête-à-servir qui est pratique pour tout le monde. Par contre, il y a de plus en plus d'études qui démontrent que donner des aliments complets à son animal a des conséquences bénéfiques qui vont au-delà de celles qui sont associées à une simple bonne nutrition.
Ce qui fait que bien des amis des bêtes ont décidé de faire un effort supplémentaire, d'effectuer des recherches et de rechercher un juste équilibre.
Santina Carpico et son mari, Rocco Gallucci, propriétaires de plusieurs chiens, ont choisi de gâter leurs amis poilus avec de la nourriture faite à la maison. Daisy, un mastiff au visage d'ange, a notamment bien profité, sans rechigner, de la cuisine biologique de Santina.
«À leur nourriture en conserve, nous ajoutons de la nourriture sèche biologique», indique Santina tout en surveillant une portée de chiots de huit semaines, moitié terriers Boston et moitié pugs, issus de l'union entre leurs chiens Gigi et Jessie.
Le couple, propriétaire de la boutique Sandrina Floral and Gift Shop sur la rue Nashville près de la municipalité de Kleinberg, en Ontario, estime qu'il vaut la peine de donner à leurs animaux bien-aimés seulement les aliments les plus sains, parce qu'ils sont «un investissement dans nos vies - ils nous procurent beaucoup de plaisir et de joie».
«Nous faisons notre propre nourriture pour chiens depuis des années. Et on peut voir une différence dans leurs yeux, dans leur poil, même leur comportement», déclare Santina, qui prépare notamment un repas spécial composé d'un bouillon de poulet biologique, de légumes biologiques et de riz brun.
«Pas de sel, pas d'ail, pas d'assaisonnements. À nos yeux, les animaux y gagnent au change», renchérit Santina, qui ajoute aussi des suppléments tels que des vitamines et des minéraux à la nourriture.
«Je ne sais pas qui a eu l'idée qu'il ne fallait pas donner autre chose que des aliments en conserve à son animal, lance Rocco. Mais nous n'avons jamais eu de problèmes. Et nous travaillons avec un vétérinaire qui est réceptif à l'idée de faire des choses comme nous les faisons... Il faut vraiment avoir l'esprit ouvert et penser au bien-être de l'animal.»
Peut-être que c'est là que se trouve la réponse. Faites vos recherches, trouvez le bon équilibre et faites preuve de créativité au niveau culinaire... et votre animal de compagnie vous comblera d'amour.
Parution
Mars 2007
Mars 2007
À la suite de l'important rappel d'aliments pour animaux, qui a créé un climat de peur et de panique chez bon nombre d'amis des bêtes, certains propriétaires d'animaux de compagnie ont non seulement gardé leur calme, mais ils ont décidé d'agir.
Ils font leur propre nourriture pour animaux. Et c'est plus facile que vous ne le croyez.
Selon Statistique Canada, les animaux de compagnie génèrent des dépenses de 4 milliards $ par année au Canada, dont une forte proportion est consacrée à la nourriture et aux frais de vétérinaire.
Pourtant, qui a décidé qu'il ne fallait absolument acheter que des marques commerciales d'aliments pour animaux pour être un propriétaire responsable?
C'est le vétérinaire Richard Pitcairn, dans son excellent livre Complete Guide to Natural Health For Dogs and Cats (le Guide complet de la santé naturelle des chiens et des chats), aux éditions Rodale, qui a investi beaucoup d'efforts pour étudier le rôle crucial de la nutrition dans la santé des animaux. Il a ainsi établi qu'il y avait des bénéfices à modifier le régime alimentaire de nos animaux de compagnie, axée sur la nourriture commerciale, de façon à y inclure des aliments frais et naturels ainsi que des suppléments riches en éléments nutritifs comme de l'huile de foie de morue, de la vitamine E et du zinc.
«Ma formation en nutrition à l'école de médecine vétérinaire s'est à peu près limitée au simple avertissement «dites à vos clients de donner une bonne nourriture commerciale à leurs animaux et d'éviter les restes de table »», a écrit le Dr Pitcairn.
Le gentil vétérinaire s'est toutefois mis à examiner ce qu'on retrouve dans les aliments transformés, et il s'est rendu compte que c'était là l'équivalent de demander quels sont les ingrédients d'une saucisse à chien-chaud.
«De la façon dont l'étiquetage fonctionne, ça ne nous donne pas vraiment d'indications sur la qualité de la nourriture», a affirmé le Dr Pitcairn, soulignant notamment qu'il est souvent difficile d'évaluer les quantités de protéine dans la nourriture et comment ces quantités affectent la capacité d'un animal à bien digérer.
Aussi, dit-il, «les produits à base de viande» peuvent vouloir dire plusieurs choses, comme de la farine de plumes de volaille, des tissus conjonctifs (comme du cartilage), de la farine de cuir - oui, du cuir comme celui qu'on utilise pour faire des souliers et des ceintures - des résidus fécaux de volaille et d'autres animaux. Ah oui, on peut aussi y retrouver du poil de cheval et de bétail.
Le Dr Pitcairn affirme que «les étiquettes ne nous en disent pas toujours assez» et que le régime alimentaire idéal d'un animal de compagnie devrait inclure «des quantités et une qualité adéquates de protéine, de gras, de vitamines et minéraux, ainsi que les atouts moins tangibles associés aux aliments vivants et frais».
Bien doser
Il est légitime à titre de propriétaire responsable, selon lui, de regarder au-delà de la boîte de conserve habituelle. Et de songer à un régime alimentaire de base, naturel, agrémenté de suppléments.
«Donner à notre animal une nourriture plus fraîche et plus naturelle nécessite plus de temps et d'efforts, et ce n'est certainement pas aussi facile que d'ouvrir un sac de croquettes. Mais vous investissez dans la santé de votre animal une journée à la fois et, bien qu'il faut y mettre un certain effort, c'est plus facile à la longue que de composer avec les problèmes de santé chroniques de votre animal.»
Cela ne signifie pas qu'il faut y aller à fond avec un régime alimentaire de «restes de table», affirment le Dr Pitcairn et ses associés, qui ont pondu un autre excellent livre, Better Food For Dogs cookbook and nutrition guide (Guide de nutrition pour une meilleure alimentation des chiens), aux éditions RobertRose. «Des restes de table malsains peuvent augmenter le risque de développer des carences nutritives et peut-être des problèmes de santé plus graves... Les restes de viande, par exemple, sont susceptibles d'avoir des niveaux élevés de gras et un régime trop gras peut mener à des troubles gastro-intestinaux, qui peuvent aller jusqu'à causer la mort.»
Quelle est la solution? D'un côté, on a accès à une bonne nourriture commerciale prête-à-servir qui est pratique pour tout le monde. Par contre, il y a de plus en plus d'études qui démontrent que donner des aliments complets à son animal a des conséquences bénéfiques qui vont au-delà de celles qui sont associées à une simple bonne nutrition.
Ce qui fait que bien des amis des bêtes ont décidé de faire un effort supplémentaire, d'effectuer des recherches et de rechercher un juste équilibre.
Santina Carpico et son mari, Rocco Gallucci, propriétaires de plusieurs chiens, ont choisi de gâter leurs amis poilus avec de la nourriture faite à la maison. Daisy, un mastiff au visage d'ange, a notamment bien profité, sans rechigner, de la cuisine biologique de Santina.
«À leur nourriture en conserve, nous ajoutons de la nourriture sèche biologique», indique Santina tout en surveillant une portée de chiots de huit semaines, moitié terriers Boston et moitié pugs, issus de l'union entre leurs chiens Gigi et Jessie.
Le couple, propriétaire de la boutique Sandrina Floral and Gift Shop sur la rue Nashville près de la municipalité de Kleinberg, en Ontario, estime qu'il vaut la peine de donner à leurs animaux bien-aimés seulement les aliments les plus sains, parce qu'ils sont «un investissement dans nos vies - ils nous procurent beaucoup de plaisir et de joie».
«Nous faisons notre propre nourriture pour chiens depuis des années. Et on peut voir une différence dans leurs yeux, dans leur poil, même leur comportement», déclare Santina, qui prépare notamment un repas spécial composé d'un bouillon de poulet biologique, de légumes biologiques et de riz brun.
«Pas de sel, pas d'ail, pas d'assaisonnements. À nos yeux, les animaux y gagnent au change», renchérit Santina, qui ajoute aussi des suppléments tels que des vitamines et des minéraux à la nourriture.
«Je ne sais pas qui a eu l'idée qu'il ne fallait pas donner autre chose que des aliments en conserve à son animal, lance Rocco. Mais nous n'avons jamais eu de problèmes. Et nous travaillons avec un vétérinaire qui est réceptif à l'idée de faire des choses comme nous les faisons... Il faut vraiment avoir l'esprit ouvert et penser au bien-être de l'animal.»
Peut-être que c'est là que se trouve la réponse. Faites vos recherches, trouvez le bon équilibre et faites preuve de créativité au niveau culinaire... et votre animal de compagnie vous comblera d'amour.
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