France : Les refuges de la SPA saturent déjà à Marseille

Publié le par Steve

Publié le mercredi 23 mai 2007 à 05H17

Les abandons se multiplient et l'importation massive d'animaux inquiète les vétérinaires

Le refuge de la SPA de la Renaissance, à la Valentine, affiche déjà plus que complet. Des chiffres estivaux avant l'heure, gonflés par l'augmentation du nombre de chiens en provenance des pays de l'Est.

 Le refuge de la SPA de la Renaissance, à la Valentine, affiche déjà plus que complet. Des chiffres estivaux avant l'heure, gonflés par l'augmentation du nombre de chiens en provenance des pays de l'Est. 

 © FRANCK PENNANT 

Après trois jours passés au refuge SPA de la Renaissance, à la Valentine (11e ), Rita consent à marcher un peu. D'origine inconnue, la jeune chienne a été trouvée la semaine dernière dans le 15 e arrondissement, maigre et mal en point, les chairs du cou à vif à cause d'une attache métallique. "Elle a été prise pour un chien de combat et maltraitée, soupire Andy Salviano, directrice de l'association. C'est un cas horrible de plus dans une période où s'accumulent les problèmes. Avec 440 chiens et chats au refuge, nous sommes malheureusement déjà dans les chiffres d'été."

Une surcharge devenue récurrente à une époque où les ponts de mai multiplient départs en congés et abandons consécutifs. Les chiots et chatons achetés à Noël pour faire plaisir aux enfants et devenus gênants avec les vacances ne sont pas les seuls à remplir les cages des refuges. Ils sont de plus en plus concurrencés par les animaux issus des pays de l'Est. "Un phénomène qui s'intensifie, assure Daisy Stavaux, vétérinaire. Ce sont des chiens qu'on nous amène malades ou faibles alors qu'ils ont été achetés quelques semaines plus tôt."

Des chiots âgés de moins de deux mois et dont on a modifié la date de naissance pour pouvoir passer les frontières, la loi exigeant que l'animal soit sevré (3 mois). Achetés cinquante euros pièce en Bulgarie, en Slovaquie ou en Roumanie, ils sont revendus jusqu'à dix à douze fois plus chers dans des réseaux de particuliers ou dans des animaleries. "Un fléau, s'inquiète Jean-Claude Lo-Presti, animalier cours Lieutaud (1er ) qui travaille avec un éleveur toulousain. Ceux qui travaillent avec les pays de l'Est prennent souvent les animaux pour de la marchandise et ne se soucient pas de la morale. Plusieurs d'entre eux ont d'ailleurs dû fermer dans le département après des contrôles éclair des services vétérinaires. Nous, on se méfie énormément de ce genre de filière."

Une filière de commercialisation toutefois légale, selon la Direction départementale des services vétérinaires (DDSV) dont les contrôles effectués à l'entrée sur le territoire "semblent conformes". Mais ces services préfèrent ne pas s'étendre sur les différentes affaires de fermetures en cours.

S'il est mal maîtrisé, le marché des chiots de l'Est peut vite tourner à l'enfer pour les acheteurs. "Lorsqu'on reçoit à la SPA ces jeunes chiens de gens désemparés, reprend Daisy Stavaux, on fait une évaluation de l'âge avec les dents et on compare avec le carnet de santé. Là, on voit que l'âge est falsifié. Vaccinés trop tôt, les chiens ne sont pas encore immunisés et tombent malades. Séparés trop tôt de leur mère, ils ne sont pas sevrés et ont souvent des troubles du comportement. Par exemple, ils n'ont pas appris la morsure douce par leur mère et, même s'ils veulent jouer, ils mordent jusqu'au sang." Autant y regarder à deux fois avant de craquer pour ces toutous à l'accent slave.

Par François Tonneau ( ftonneau@laprovence-presse.fr )

www.laprovence.com/articles/2007/05/23/60033-MARSEILLE-Les-refuges-de-la-SPA-face-a-l-afflux-des-chiens-de-l-Est.php

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Publié dans Infos dans le monde

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