Casablanca : les chiens sèment la terreur

Publié le par Steve

Publié le : 21.05.2007 | 15h23
 


 

   

Une «nouvelle» campagne de vaccination antirabique est lancée à Casablanca depuis le 16 mai
Là où ils sont, ils déambulent dans les rues, éparpillés ou en groupe. Les chiens errants n'en finissent pas de semer la peur dans la ville. Aucun quartier ne fait l'exception… Que ce soit sur le boulevard Gandhi, le boulevard Mohammed V ou même dans les bidonvilles, les chiens sont présents partout ! Ils se prélassent au soleil, mangent de tout, renversent les poubelles.


Pour les Casablancais, le seul moyen pour ne pas se faire attaquer est de les éviter et de faire un détour, pour passer par l'autre bout du chemin.

La présence de ces canidés, qui sont loin d'être inoffensifs, constitue un danger permanent pour les citoyens. Attaqués par ces bêtes, ils risquent, à travers une morsure, d'être infectés par le virus de la rage !

«Nous avons peur pour nous, pour nos enfants, pour nos frères» témoigne Yasmina, jeune fille habitant un des quartiers résidentiels du centre de Casablanca. «Il suffit de s'attarder au bureau ou de sortir d'un dîner au restaurant pour découvrir des hordes de chiens errants dans la ville», ajoute-t- elle.

En effet, depuis quelque temps, l'angoisse envahit les Casablancais, qui cherchent à comprendre les raisons de cette prolifération.

Qui donc a la charge de protéger les citoyens de ce genre de danger et que doit- on faire pour trouver une solution efficace à ce problème ?

La réponse, nous l'avons trouvée chez Dr Abdallah Assouel, chef du service vétérinaire de Casablanca. Il explique qu'«afin de venir au bout de ce phénomène, il existe deux solutions, vacciner systématiquement tous les chiens et chats ayant des maîtres et éliminer tous les animaux errants».

S'attardant sur ce point, le Dr Assouel, précise que «le vaccin peut faire baisser le risque de propagation de la rage de 70%. Prenons par exemple un chien enragé et quatre autres vaccinés. Eh bien, le premier finira par mourir et les autres ne seront pas contaminés et du coup, la maladie ne se développera pas».
Par ailleurs, plusieurs facteurs contribuent à la prolifération de ces chiens.

M. Assouel explique que «c'est surtout à cause du manque de propreté, il faut savoir que ce qui attire ces bêtes, c'est l'abondance des déchets domestiques englobant toute sorte d'alimentation».
En effet, les chiens sont des animaux omnivores certes, mais essentiellement carnivores, dont l'alimentation principale est constituée par la viande et les os, aliments suffisamment présents dans le quotidien des familles marocaines et doc dans les déchets qu'ils rejettent dans leurs poubelles.

A cela se rajoute d'autre facteurs, le Dr Assouel précise : «Actuellement, nous sommes dans la saison d'accouplement des chiens. Ils sont souvent en groupe et composent des meutes. N'oublions pas non plus que même si on capture un chien dans un lieu précis, un autre le remplace.

En effet, le chien est un animal qui marque son territoire.
S'il le quitte ou se fait capturer, un autre chien vient le remplacer…
Afin de lutter contre la prolifération de ce danger, une nouvelle campagne organisée par la direction provinciale de l'Agriculture, en collaboration avec les préfecture et les arrondissements, a été lancée depuis le 16 mai dernier.

Le programme de cette année sera axé sur quatre points : la réduction des effectifs de chiens errants, la vaccination des chiens ayant un maître, la sensibilisation et l'information de la population sur la rage et le renforcement de la campagne de propreté et d'hygiène», déclare Mr Assouel.

Par ailleurs, le service vétérinaire de Casablanca continue à vacciner les animaux domestiques gratuitement et tout au long de l'année. Quand au programme de ramassage et d'élimination des chiens et chats de la rue, il s'étale lui aussi sur toute l'année.
En effet, 10.000 canidés vont être euthanasiés lors de la campagne de ramassage.

Quant à celle de vaccination des chiens errants, elle vise 15.000 chiens, un calendrier de vaccination a été ainsi mis en place pour chaque préfecture, notamment pour les zones de Médiouna et de Nouaceur.

Le choix de cette période de l'année pour une telle campagne n'est toutefois pas fortuit. Les responsables parlent de pics saisonniers liés à l'activité d'accouplement des chiens en automne et au printemps. "On assiste souvent à une recrudescence de la rage en automne et au printemps, périodes de l'accouplement des chiens ", précise M. Assouel.

Rappelons qu'en 2006, 7.000 chiens ont été vaccinés et 8.000 autres ont été capturés et euthanasiés. Par ailleurs, 12 cas de rage animale ont été diagnostiqués, en 2005, contre seulement 10 en 2004. Le nombre de chiens capturés et euthanasiés dans la métropole est passé de 6.000 en 2004 à 8.000 en 2005.
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Insuffisance des moyens
L'augmentation du nombre de cas de rage, malgré les efforts déployés pour capturer et abattre un plus grand nombre de chiens, traduit l'insuffisance des moyens mis en œuvre dans la lutte antirabique.

En effet, si la vaccination des chiens ayant un maître est supportée à 100 % par l'Etat, les autres frais de prévention restent relativement chers. Le vaccin antirabique coûte 30 DH, sans compter les frais du médecin vétérinaire et le traitement humain contre la rage coûte entre 550 et 600 DH.

Il faut signaler que les ramasseurs des chiens errants courent de très grands dangers, car ils sont souvent exposés aux morsures qui peuvent être mortelles. Concernant l'élimination des animaux errants, elle se fait à la fourrière, Auparavant, les animaux étaient euthanasiés avec de la strychnine, un poison mortel.

Les chiens mettaient parfois 3 à 4 jours pour mourir dans des souffrances atroces. Actuellement les animaux sont éliminés avec le "doléthal", un puissant anesthésique. L'animal s'endort, puis part sans souffrance».


Rajaa Kantaoui | LE MATIN

 

 

 
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Publié dans Infos dans le monde

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