Propriétaires de chiens dénoncés plus souvent
OLIVIER ALLENSPACH | SURVEILLÉS Le public a les propriétaires de chiens à l’œil. Preuve en est que les dénonciations concernant des chiens apparemment agressifs ont fortement augmenté. Les médecins et les vétérinaires sont eux aussi obligés d’annoncer des cas de morsures aux autorités.
JULIAN PIDOUX | 15 Juin 2007 | 23h42
Les propriétaires de chiens sont sous haute surveillance. Depuis quelques mois, les citoyens dénoncent en effet de plus en plus souvent les maîtres de bêtes dont le comportement leur inspire crainte et méfiance. L’an dernier, les cas de chiens agressifs ou à l’origine d’incidents annoncés au Bureau lausannois d’intégration canine sont passés de 56 à 81, soit 44% d’augmentation. Le fait que les médecins et les vétérinaires doivent légalement annoncer des blessures par morsures depuis avril 2006 contribue également à ce bond dans les statistiques.
Un phénomène de société
Il n’en reste pas moins que les faits divers graves impliquant des molosses ont visiblement marqué les esprits au fil des mois. Et pour preuve. Sur les 81 dossiers de 2006, 21 ont été ouverts suite à un sentiment d’insécurité, soit un de plus que pour des morsures sur des adultes et des enfants. «Au-delà des nouvelles dispositions légales, on constate clairement un phénomène de société, observe François Bezençon, délégué à la coordination à Lausanne. La population a davantage peur des chiens que par le passé. Une crainte que les parents transmettent parfois même aux enfants.» François Bezençon s'attend d’ailleurs à ce que cette année les chiffres augmentent encore.
Dénoncer son voisin de palier car les aboiements nocturnes dérangent ne suffit pourtant pas pour que le Bureau d’intégration canine ouvre une enquête. Dans un premier temps, François Bezençon demande à ce que les gens déposent plainte en personne ou par écrit et non par téléphone.
Après quoi les faits sont soigneusement étudiés, avant de convoquer le propriétaire de l’animal. «Nous avertissons les plaignants que toutes les lettres sont portées au dossier. Ensuite, s’il y a eu matière à recevoir le maître du chien, l’entretien peut se solder par un simple courrier d’avertissement ou, dans les cas graves, par l’euthanasie de l’animal.»
Mais le danger n’est pas toujours là ou l’on pense. Une étude de l’Office fédéral vétérinaire révèle non seulement que les molosses ne sont pas ceux qui attaquent le plus, puisqu’ils sont devancés par les bergers et les bouviers, mais également que dans les deux tiers des cas, les morsures sont infligées par un chien connu par la victime ou qui lui appartient.
À LAUSANNE EN 2006
26 COMBATS entre chiens, dont un s’est soldé par une mort.
21 DÉNONCIATIONS suite à un sentiment d’insécurité.
10 CAS de maltraitance.
13 MORSURES ont été infligées à des adultes.
7 MORSURES ont été infligées à des enfants.
4 DÉNONCIATIONS pour dommage à la propriété.
EN SUISSE DU 31.10.06 AU 31.12.06
1003 ANNONCES d’accidents ont été enregistrées sur cette période. Par extrapolation, cela en représenterait environ 3000 par an.
LA MOITIÉ DES BLESSURES chez lles enfants sont à la tête.
DEUX TIERS DES MORSURES sont infligées par un chien connu de la personne.
200 TYPES DE CHIENS ont été impliqués dans des accidents.
www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_geneve/recherche/recherche_3_2_1/(contenu)/93410