Maggie donne naissance à... la relève
Le Journal de Montréal
08/08/2007 06h48 - Mise à jour 08/08/2007 09h21
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L'escouade canine de la police de Montréal compte quatre nouveaux membres: des chiots d'à peine quatre semaines dont la mère est elle-même spécialisée dans la détection d'explosifs.
L'escouade canine du Service de police de la Ville de Montréal a récemment décidé d'élever elle-même ses propres chiens pisteurs. Pour ce faire, on s'est servi de Maggie, une femelle berger allemand couleur sable, qui oeuvre au sein de l'unité en tant que spécialiste de la détection d'explosifs.
Maggie, qui est âgée de quatre ans, a été accouplée la journée de la fête des Mères avec un mâle qui est le fils d'un autre chien travaillant lui aussi à l'escouade canine. Ce chien, qui se trouve donc à être le grand-père des chiots, est pour sa part spécialisé dans le repérage de stupéfiants.
Les quatre chiots, une femelle et trois mâles, sont donc dotés d'une génétique prometteuse. «Ça vient d'une lignée qui a fait beaucoup de chiens de police. Maggie est très bonne. Ça donne un très bon pedigree et un gros background de chien de police. On a tout ce qu'il faut», commente le lieutenant Marc Charbonneau, responsable de l'escouade canine du SPVM.
Chiots de quatre semaines
Les chiots, qui ont eu quatre semaines hier, pèsent deux kilos. Ils ont vu le jour à la résidence privée de M. Charbonneau, qui est aussi le maître-chien de Maggie.
Les quatre petits, une femelle et trois mâles, s'appellent Kelly, Nitro, Falko et Arrow. Ils resteront chez M. Charbonneau jusqu'à huit semaines, avant d'être confiés à quatre foyers d'accueil, c'est-à-dire dans les familles de quatre policiers.
Le rôle de ces familles d'accueil sera de sociabiliser les chiens, de leur faire découvrir plusieurs environnements différents et de leur présenter des jeux pour en faire des chiens enjoués, une qualité essentielle pour exercer le métier de chien renifleur.
Puis, vers 8 mois, l'escouade fera une évaluation du chien. Si elle est concluante, il passera ensuite un contrôle chez le vétérinaire. Si ces tests sont concluants, la bête sera appelée à travailler plus sérieusement avec l'escouade. Le véritable entraînement, à raison de huit heures par jour, cinq jours par semaine, commence lorsque le chien atteint l'âge de 18 mois à deux ans.
C'est là qu'un maître-chien lui est assigné, ainsi qu'une spécialisation: les explosifs ou les stupéfiants, selon les besoins.
La mère des chiots, Maggie, devrait reprendre le boulot en janvier.
Maggie sera de nouveau accouplée
«C'est la première fois qu'un corps de police élève ses chiens lui-même dans l'est du Canada», révèle le lieutenant Charbonneau. «La GRC l'a fait, dans l'Ouest, et ça donne de bons résultats», affirme-t-il.
Auparavant, l'escouade achetait uniquement des chiots de huit semaines choisis chez des éleveurs. Mais les bons chiens pisteurs sont de plus en plus difficiles à trouver. «Il n'y a pas beaucoup de lignées de chiens policiers au Québec. Si on sort du Québec, les prix n'ont pas de sens», indique le lieutenant Charbonneau. «En élevant nos propres chiens, on va sauver énormément et on va aller chercher un gros potentiel de chiens policiers», poursuit-il.
Si la portée de Maggie démontre les aptitudes et caractéristiques voulues, la chienne sera de nouveau accouplée au même mâle dans quelques mois, mais ce ne sera pas suffisant pour combler les besoins immédiats de l'escouade, qui continuera de s'approvisionner auprès des éleveurs.
L'escouade canine compte neuf chiens. On veut faire grimper leur nombre à 13 d'ici trois ans.
www.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2007/08/20070808-064801.html