Vol détourné par un toutou!
Keystone
EasyJet n'a pas pour habitude de transporter des chiens!
Xavier Lafargue - 28/09/2007
Le Matin Semaine
Monter avec son chien à bord d'un avion qui n'accepte pas les animaux? A l'aéroport de Cointrin, c'est possible! Il y a huit jours, une passagère du vol EasyJet Genève-Barcelone a déjoué tous les contrôles de sécurité et s'est installée à sa place avec son toutou bien planqué dans un sac. L'appareil, en bout de piste, allait décoller lorsqu'un steward a découvert la supercherie. L'avion est revenu à son point de départ, Madame et Médor ont été débarqués, et le vol a accusé un retard d'une demi-heure. Mais surtout, rien n'empêche que ce curieux manège ne se reproduise!
«On n'a rien remarqué avant que cette dame ne quitte l'avion, raconte Patrik Gigandet, l'un des passagers de ce vol EZY1405. En fait, le steward m'a expliqué que juste avant le décollage, il lui a demandé par trois fois de placer son sac sous le siège. Comme elle refusait, il a exigé qu'elle ouvre son bagage. C'est là que le chien a été découvert. Et comme les animaux sont interdits à bord des avions EasyJet...»
Mais comment a-t-elle pu franchir tous les contrôles? «A l'enregistrement, on doit indiquer si on a un animal, mais on peut très facilement le cacher, explique Philippe Roy, porte-parole de l'aéroport de Genève. Ensuite, au contrôle de sûreté, les sacs passent aux rayons X. La présence d'un animal est donc forcément détectée, mais comme le passager ne montre pas son titre de transport à ce contrôle, l'employé peut imaginer qu'il emprunte une compagnie où les chiens sont autorisés en cabine. Enfin, au troisième contrôle, à l'embarquement, on ne regarde que la pièce d'identité et le billet d'avion.»
«Ça va nous coûter plusieurs millliers de francs»
Simple comme bonjour, mais peu rassurant! «Cette passagère est en tort, et ce qu'elle a fait va nous coûter plusieurs milliers de francs, précise Peter Voest, marketing manager d'EasyJet. Il est stipulé sur nos conditions de transport, dont le voyageur doit avoir pris connaissance lorsqu'il commande son billet, que nous n'acceptons pas d'animaux à bord.» Le hic, c'est que personne ne lit ces fameuses conditions de transports, un interminable document de 21 pages sur Internet!
Mais à qui incombe la faute, alors? A la passagère évidemment, mais aussi à la sécurité, non? «Nous, ou plutôt nos partenaires de la sûreté sommes aussi responsables, reconnaît Jean-Marc Thévenaz, directeur général d'EasyJet Suisse. Cette dame ne sera donc pas amendée. Mais nous allons discuter avec l'aéroport et les prestataires de sécurité pour remédier rapidement à ce problème.»
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