L'association Stop Suicide: «On dirait des noeuds de pendus»

Publié le par Steve

 

Elly Tzogalis - 06/02/2008
Le Matin

L'action choc de la SPA ne fait pas l'unanimité. L'association Stop Suicide goûte peu l'opération coup-de-poing de la SPA qui visait à contrer l'initiative «Chiens dangereux» du 24 février

 

Les laisses de la SPA sont restées en travers de la gorge de Stop Suicide. Vendredi dernier, la Société pour la protection des animaux (SPA) et les vétérinaires genevois ont suspendu des laisses pour chien aux arbres de la Cité de Calvin. Chapeautée par un bureau de communication, l'opération marketing visait à combattre l'initiative contre les chiens dits «dangereux» par une action choc. Mais la provocation n'a pas plu à l'association qui cherche à prévenir les actes de suicide. Dans une lettre, elle demande à la SPA de supprimer sa campagne d'affichage.

«Ces laisses pour chien ressemblent comme deux gouttes d'eau à des noeuds de pendus. Nous ne pouvons pas tolérer l'utilisation de la détresse des gens pour mener une campagne politique», explique Pauline Borsinger. La présidente de l'association Stop Suicide estime que ce genre d'opération banalise le suicide et comporte un réel danger pour les personnes fragilisées. «Quelqu'un qui a des pulsions suicidaires pourrait croire que sa propre douleur est assimilée au chien», s'inquiète la jeune femme.

Laisses retirées parles employés municipaux
De son côté, la SPA est très étonnée de la réaction de Stop Suicide. «Lorsque j'ai lu leur lettre, je suis tombée de ma chaise», raconte Frédérique Flournoy, présidente de la SPA Genève. «Nous n'utilisons pas le thème du suicide puisque de toute évidence aucun chien ne va se suicider le 24 février. Il s'agit de mettre en exergue l'exécution publique de nos toutous que demandent les initiants en référence à la règle des 25 kilos qu'ils veulent instaurer», poursuit l'avocate. Mais l'opération coup-de-poing lancée par le bureau de communication Euro RSCG, selon le principe de la guérilla marketing, n'aura finalement pas duré très longtemps.

Non avertis, les employés du Service des espaces verts se sont empressés de retirer les nouveaux ornements. «Nous n'avons pas été informés de l'opération. Et nous sommes très attentifs à tout ce qui pourrait endommager les arbres, donc nous enlevons systématiquement tout ce qu'on y trouve», explique Sami Kanaan, directeur intérimaire du Département de la cohésion sociale et des sports, dont dépend le Service des espaces verts.

 

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Publié dans Infos dans le monde

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