Une loi existe!

Publié le par Steve

L'INVITÉ | 23h55

FRÉDÉRIQUE FLOURNOY, PRÉSIDENTE SGPA | 12 Février 2008 | 23h55

 

Le 24 février, nous voterons sur une initiative qui tend à interdire les chiens dits dangereux. Présentée comme cela, voter «oui» paraîtrait une évidence. Pourtant, la réalité est différente.

Le peuple doit comprendre que si cette initiative est acceptée, les quelque 700 molosses (puisque c'est d'eux dont il s'agit) qui résident dans le canton à ce jour, ne disparaîtront pas d'un coup de baguette magique. En effet, un régime transitoire est prévu pour eux; ces molosses restent à Genève; leur détention sera soumise à une autorisation.

Selon la loi actuelle, le détenteur d'un molosse ne peut pas posséder un 2e chien; la reproduction est interdite; la provenance de son chien est contrôlée; le détenteur doit suivre 3 cours d'éducation par mois pendant 2 ans; il doit, chaque année, faire évaluer son animal par un éducateur; sur la voie publique, le molosse doit porter la muselière.

Si l'initiative est acceptée, les molosses genevois resteront là, avec pour seule obligation de passer un examen de détention, c'est-à-dire de façon moins contraignante et avec un moins bon suivi que ce que prévoit la loi actuelle.

Ce qu'il faut savoir aussi, c'est que l'initiative prévoit qu'une autorisation sera nécessaire pour détenir un chien de plus de 25 kg. Le propriétaire d'un tel chien devra passer un examen qui portera sur ses capacités à maîtriser l'animal et sur le comportement du chien. Pourtant, le poids pourquoi 25 kg? n'a jamais été un critère de dangerosité. Les vétérinaires s'accordent tous pour le dire.

Et d'ailleurs, quand faudra-t-il passer cet examen? Lorsque le chien est chiot, s'il l'on sait qu'adulte il fera plus de 25 kg? Ce que souvent lorsque le chien est croisé on ne sait pas. Que faire des chiens qui grossissent, en vieillissant par exemple? Un chien âgé et sur la fin de sa vie devra donc passer une autorisation dont il n'avait pas besoin lorsqu'il était jeune et vigoureux? Et la chienne portante?

Certainement l'Etat devra engager de nombreux fonctionnaires aux frais du contribuable pour régler ces intéressantes questions. En effet, en se basant sur les chiffres officiels, les chiens de plus de 25 kg à Genève sont entre 12 000 et 15 000.

Et qu'arrivera-t-il aux chiens qui font plus de 25 kg d'affection, mais qui n'ont jamais été éduqués par leur maître ou pour lesquels le «assis-couché-retour» est un peu comme une langue étrangère, difficile à apprendre? Pas d'autorisation et sans autorisation, l'initiative est claire: c'est le séquestre, voire l'euthanasie... Enfin, pendant que nos autorités seront occupées à peser tous les chiens obèses du canton, et à leur faire passer des examens, quel temps leur restera-t-il pour s'occuper des molosses? La réalité est que seuls quelques chiens posent des problèmes, contrôlons ceux-là sévèrement avec la loi que nous venons d'adopter et ne punissons pas tous les autres. 

www.tdg.ch/pages/home/tribune_de_geneve/recherche/recherche_3_2_1/(contenu)/193304

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Publié dans Infos dans le monde

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