Vérité et contre-vérité
Un chien attaque un passant en pleine rue
MOUTIER (JB) Un quadragénaire s'est fait mordre au visage et à un bras par un chien que son propriétaire avait laissé en liberté et qui a pris la poudre d'escampette en voyant la victime en sang
JEAN-PIERRE MOLLIET 03 juillet 2006
Laurent Del Nin, 40 ans, regagnait son domicile de Moutier dimanche matin lorsqu'il a été agressé en pleine ville, sur la place du Viaduc, par un chien dont il n'avait pas remarqué la présence. Bilan de cette agression: égratignures, ecchymoses et cicatrices au visage, six points de suture au poignet et une incapacité de travail d'une dizaine de jours. La victime a menti sur son agression MOUTIER (JB) La «victime» des morsures a avoué à la police sa part de responsabilité et a admis qu'il ne s'agissait pas d'un chien laissé en liberté JEAN-PIERRE MOLLIET On respire à Moutier. La population et les autorités craignaient le pire. Que des chiens errants s'en prennent aux passants. Les déclarations faites par Laurent Del Nin, 40 ans, à sa famille et à la presse («Le Matin» d'hier) indiquant qu'un chien l'avait attaqué en pleine rue ont été démenties par l'intéressé. A la police, il a donné une version moins héroïque de ce qu'il considère maintenant comme un accident, qui s'est produit après une soirée passée entre amis dans un établissement public de la ville. Lu sur le site Le Matin.
«J'étais accroupi, car je laçais ma chaussure. Je n'ai pas vu venir la bête sur moi», relate la victime. «Elle m'a attaqué à la hauteur du nez. J'ai écarté sa gueule avec mon bras. C'est à ce moment-là que l'animal a planté ses crocs dans mon poignet.» Le malheureux s'est mis à crier, ce qui a alerté deux amis qu'il venait de quitter. Ceux-ci sont parvenus à faire fuir le chien. Quand Laurent Del Nin a rouvert les yeux, il a vu qu'il s'en allait en courant derrière son propriétaire qui prenait la fuite en direction de la place du Marché. Choqué, il n'a pu donner aucun renseignement sur cette attaque si ce n'est que la bête n'était pas un molosse mais devait peser entre dix et douze kilos. Sitôt sorti de l'hôpital où il a été soigné, il est allé déposer plainte contre inconnu. Dans sa famille où il a trouvé du réconfort, on analyse qu'un drame plus grave encore a été évité: «Le chien a attaqué Laurent à quelques centimètres de ses yeux», relève son frère Christophe. «Et que se serait-il passé si cette bête n'avait pas eu en face d'elle un adulte mais un enfant incapable de se défendre? Une affaire tragique identique à celle du petit Suleyman, tué récemment à Oberglatt», ajoute-t-il avec colère. L'attitude du propriétaire est condamnable: «Il a agi avec une incommensurable lâcheté en prenant la fuite et en laissant la victime à terre, baignant dans son sang. Qu'il ait au mois maintenant le courage de se faire connaître et de s'excuser», lâche Christophe Del Nin, qui réclame «une loi courageuse contraignant les propriétaires à équiper leur animal d'une muselière, seule façon d'éliminer la menace qui plane sur la tête de chaque habitant qui se promène sur les trottoirs de la ville.»
Imposteur démasqué
Les blessures sont vraies. Six points de suture à un poignet et un visage égratigné et tuméfié. Par contre, les faits, tels que nous les a relatés la victime elle-même, sont complètement faux. Non, il n'y a pas eu agression d'un chien alors que l'homme laçait sa chaussure. Et c'est la police qui a découvert le pot aux roses. Compte tenu de la gravité des faits, la police cantonale bernoise et la police de la ville de Moutier ont contacté la victime. Cette dernière a été entendue en qualité de personne appelée à fournir des renseignements, résumés ainsi dans un communiqué: «L'homme a précisé que dimanche vers 3 h 30, après avoir quitté un dancing à Moutier en compagnie de quelques amis, il a pris place dans la voiture de l'un d'entre eux. Vraisemblablement apeuré par cette intrusion, un chien de petite taille appartenant au conducteur du véhicule et attendant à l'intérieur du véhicule, a mordu l'homme au visage et à la main. La victime a ensuite été conduite par ses amis à l'hôpital.»
Comme le dossier des chiens méchants est, ces jours-ci, débattu par le Législatif de la ville, la communauté prévôtoise est particulièrement sensible à cette problématique. La voilà rassurée.
Et voici une phrase pleine de bon sens que j'ai lu sur ce site.
Quant à la problématique générale des molosses, le spécialiste estime qu'il n'y pas de race plus dangereuse qu'une autre. «Ce que je vois tous les jours, ce ne sont pas des chiens qui vont mal, mais des propriétaires qui n'ont aucune compétence pour les avoir.»