La bêtise humaine !!!

Publié le par steve

Deux molosses sèment la panique à Paudex

 PAUDEX (VD) «Nasco» et «Kena», deux amstaffs affectueux, flanquent une trouille bleue aux parents des enfants scolarisés dans la bourgade lémanique. Sous pression des interpellations, les autorités ont publié un tous-ménages imposant le port obligatoire de la laisse. Les deux propriétaires, eux, ne comprennent pas «ce climat de haine» 

JEAN ELLGASS 

08 septembre 2006

 

 

«C'est la première fois de notre vie que nous sommes confrontés à un tel problème. Il occupe la Municipalité depuis deux mois!» Syndic de Paudex (VD), Serge Voruz est exaspéré. La faute à «Kena» et «Nasco», deux molosses de la race amstaff aux mains de jeunes propriétaires domiciliés dans les environs immédiats de l'école. Des parents se mobilisent, projettent une manifestation le 23 septembre prochain à l'occasion d'une fête villageoise, interpellent les autorités scolaires, la police, la préfecture... Tous l'affirment, le pire est à craindre: «C'est intolérable! résume une jeune maman. Faudra-t-il qu'une de ces bêtes tue un enfant comme à Zurich l'année dernière à Oberglatt (ZH) ou en déchiquette un autre comme à Genève récemment pour que des mesures soient prises?»

Symbole malgré eux de l'hystérie collective manifestée à l'encontre des molosses, «Kena» et «Nasco» n'ont jamais mordu personne. Propriétés de deux jeunes portant tatouages et piercings, ces magnifiques chiens pétants de santé ont été aperçus à plusieurs reprises «jouant en liberté» dans la Campagne Marcel: un parc public signalé «interdit aux chiens», doté d'un jardin Robinson pour les petits. Pour enlaidir le tableau, «Nasco» loge sous le même toit qui abrite l'Unité d'accueil pour écoliers fréquentée tous les jours par une ribambelle de petits...

Propriétaires des animaux, Baptiste (21 ans, sans emploi) et Sébastien (19 ans, éducateur de la petite enfance) ne contestent pas avoir agi avec une «légèreté coupable». Comme ils ne nient pas s'être réunis à plusieurs reprises dans le parc avec d'autres de leurs camarades possédant des molosses. Mais ils l'affirment haut et fort, tandis que leurs deux «monstres» cherchent des caresses entre nos jambes: «Nos chiens sont gentils, affectueux! Avant tout ce ramdam orchestré par les parents, les enfants venaient même spontanément les caresser, précise Baptiste. Or, quand je suis sorti de chez moi hier, un petit s'est enfui à ma vue en criant: «Y a le molosse! Y a le molosse!» Leurs parents sont-ils devenus fous de leur transmettre de telles peurs? Ce qui est insupportable, c'est qu'aucune personne ne nous a approchés pour nous parler. Nous aurions pu rassurer, dialoguer. Non, tout se passe dans notre dos, par dénonciations anonymes...»

Sentant venir le vent du boulet, nos deux interlocuteurs ont présenté leurs animaux préférés pour expertise au vétérinaire Samuel Debrot, président de la Société vaudoise de la protection des animaux (SVPA), les 3 mars et 6 avril derniers. Son rapport est sans appel: «Ces chiens sont sociables et obéissent aux ordres, se souvient-il aujourd'hui. Mais le principe de précaution veut qu'ils soient tenus en laisse courte et que les enfants ne les approchent pas. Alors il ne se passera rien. «Nasco» est sans agressivité pour les autres chiens, les personnes ou les enfants. De même «Kena», qui, lui, est un chien dominant: il doit être tenu en laisse en présence d'autres chiens.» Concernant les compétences des deux maîtres, l'expert est formel: «Ils sont aptes à les élever! Mais ils doivent se conformer aux décisions.»

Aux interpellations populaires qui se succèdent, le syndic Voruz apporte une réponse sans équivoque: «Il n'y a aucune loi permettant d'interdire une race sur le territoire cantonal. Je ne peux quand même pas mettre ces jeunes dehors! J'entends même dire que, parce qu'il s'agit des fils de deux employés communaux, on agit avec mansuétude! C'est ignoble, c'est même le contraire!» De son côté, la police veille plutôt deux fois qu'une: «Nous avons souvent agi préventivement à leur endroit en contrôlant qu'ils respectaient ces dispositions, ce qui est le cas», indique Claude Cagna, commandant de police.

Pour tenter de calmer «la psychose qui a gagné le village» et déborde maintenant sur la commune de Pully (l'école de Paudex accueille en effet des élèves de sa voisine), la Municipalité s'est fendue hier d'un tous-ménages édictant des règles précises concernant «Kena» et «Nasco»: «Au vu du règlement communal, du rapport vétérinaire et du lieu d'habitation de ces chiens, la Municipalité décide et exige qu'ils soient tenus en laisse sur la voie publique.»

Baptiste et Sébastien acquiescent: «Cela fait deux semaines qu'on applique cette règle, mais tout le monde connaît quelqu'un qui nous a vus lâcher nos chiens... Que veut-on de nous en plus? Nous n'avons rien fait, on attache nos animaux, mais tout le monde nous évite, nous montre du doigt. On ne demande qu'une chose: qu'on nous foute la paix!»

Les deux camarades ne se font pas d'illusions: personne ne leur fera de cadeau. Ils haussent les épaules: «Mais laissez-nous d'abord faire la preuve.» S'ils devaient être pris en faute, la sanction leur a été signifiée. «Leurs chiens seront séquestrés», avertit Eric Voruz.

 

 

© Le Matin Online

http://www.lematin.ch/nwmatinhome/nwmatinheadactu/actu_suisse/deux_molosses_sement.html

 

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Publié dans Infos dans le monde

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