Elle rêve dhéberger toutous et matous en pension complète
AIGLE Un «hôtel» pour animaux domestiques pourrait voir le jour au début de l’année prochaine, à l’initiative de Michèle Facheu kamawa.
PATRICK MONAY
Publié le 03 octobre 2006
«L'adresse de vacances de votre compagnon.» Ce slogan, Michèle Facheu Kamawa l'a appliqué avec bonheur, seize années durant, à Ollon. Sa pension pour chiens, baptisée Le rocher de l'aigle, a accueilli d'innombrables toutous. «Certains clients me laissaient leur chien le matin en montant skier à Villars, et le reprenaient le soir», illustre cette éleveuse. L'aventure a pris fin le 1er septembre dernier. Querelle de voisinage, ennuis administratifs, autorisation refusée: Michèle Facheu Kamawa a reçu l'ordre de fermer définitivement son «hôtel pour canidés».
Sentant le vent venir, la propriétaire s'est mise en quête il y a plusieurs mois déjà d'un terrain plus en phase avec ses aspirations. Bingo à Aigle, où la Municipalité propose de lui céder une surface agricole située au chemin des Iles, à l'entrée de la ville (côté Ollon). Le rocher de l'aigle y renaîtrait sous la forme d'un bâtiment comprenant 19 boxes pour chiens, mais aussi un local de toilettage et quelques places pour des chats. «En fait, ce lieu sera ouvert à tous les animaux domestiques, perroquets compris», précise Michèle Facheu Kamawa. Tarif de la prise en charge: entre
20 et 25 francs par jour, selon notre interlocutrice. Qui insiste sur la liberté offerte aux futurs pensionnaires, sept jours sur sept: «Chaque chien disposera d'un parc privatif, sans compter les aires d'ébats prévues tout autour.» Au total, l'infrastructure s'étendrait sur 4000 m².
L'instigatrice du projet, soutenue par la Société vaudoise de protection des animaux, espère inaugurer les lieux à la fin de l'hiver prochain. «Le temps presse, car je suis en train de perdre ma clientèle», souligne la Chablaisienne, aujourd'hui en pleine préparation du dossier d'enquête publique. Grâce à l'appui d'une banque, elle est prête à investir un demi-million de francs dans l'opération.
Besoins en hausse
Prochaine étape: la décision du Conseil communal aiglon, appelé à accorder un droit de superficie, pour une durée de 30 ans, de quelque 1600 m² (au prix annuel de 5 francs le m²) et de la mise en location de la surface restante (2400 m²). Seuls les frais de raccordement au réseau d'eaux usées – 70 000 francs – seraient assumés par la commune.
«C'est un projet sérieux et bien ficelé», commente le syndic d'Aigle, Frédéric Borloz. Pour lui, la création d'une telle pension revêt un intérêt certain dans le contexte actuel. «Face aux chiens dangereux, on serre la vis un peu partout, constate-t-il. Les besoins en matière d'hébergement vont augmenter.»
Michèle Facheu Kamawa, elle, ne sait pas encore si elle acceptera les molosses. Elle dit en tout cas vouloir faire son possible pour éviter les nuisances sonores. Par exemple en aménageant une butte antibruit avec les matériaux d'excavation.
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