Interdiction de tir immédiate sur les chats et chiens errants
MORATOIRE WHISPERS Le service cantonal de la Conservation de la faune a pris cette mesure suite à l’affaire du chat tiré par un de ses employés bénévoles la semaine dernière à La Tour-de-Peilz.
CHRISTOPHE BOILLAT
Publié le 13 janvier 2007
Annoncée cette semaine par courrier électronique aux neuf surveillants permanents de la faune et à leurs nonante adjoints, employés bénévoles, la décision fera l'objet d'une lettre officielle. Concrètement, gardes faune permanents et auxiliaires devront remettre leur arme au râtelier. L'affaire Whispers , du nom du chat domestique tiré la semaine dernière à La Tour-de-Peilz, a suffisamment alerté le canton pour que la décision soit rapidement effective.
«Ce moratoire de suspension de tir immédiate concerne les chats et chiens errants», précise Sébastien Sachot, conservateur cantonal de la faune. Dans le cas d'un chien dangereux, ou estimé comme tel, ce n'est plus la Conservation de la faune qui est responsable, mais le Service du vétérinaire cantonal. «En l'absence de tirs, le règlement sur le séquestre et la mise en fourrière s'applique», poursuit Sébastien Sachot.
La frontière entre chats et/ou chiens errants, domestiques ou sauvages, dangereux ou dociles, pouvant paraître ténue, une directive cantonale devrait prochainement être édictée. En parallèle avec la nouvelle loi sur la police des chiens, votée en décembre dernier. «Il paraît évident aujourd'hui d'harmoniser les choses. On pourra ainsi faciliter l'interprétation de ces textes légaux complexes pour l'utilisateur et éviter un renouvellement de ce qui vient de se produire avec le surveillant auxiliaire qui a tiré sur le chat à La Tour-de-Peilz», estime le conservateur de la faune.
Dépôt de plainte pénale
Propriétaire de Whispers, Cynthia Michel est «satisfaite que l'on interdise de tirer sur des chats». Elle a décidé de porter plainte. Elle l'a fait hier en fin d'après-midi: «Suite à un préavis rendu par les services de ma protection juridique, ma plainte est pénale. Pour représentation de la violence, subsidiairement mauvais traitements envers un animal. Avec réquisition civile. Et en direction essentiellement du garde-faune auxiliaire qui a tiré sur Whispers.»
Ce dernier n'a pas voulu se positionner. Sa hiérarchie préférant que lui et son supérieur n'aient pas de contacts directs avec les médias.
Le garde-faune de la région et l'auxiliaire, qui a pris la décision de tirer sur Whispers, ont été entendus en tout début de semaine par Sébastien Sachot dans le cadre d'une enquête administrative. Ils n'ont pour l'heure pas été suspendus et ne le seront pas tant que le juge n'aura pas rendu son verdict.
Le procès-verbal des deux auditions fera partie du futur dossier d'enquête. «Lorsque tout sera terminé sur le plan juridique, nous prendrons les mesures qui s'imposent sur le plan administratif», conclut Sébastien Sachot. De son côté, Cynthia Michel s'est dite «déçue que le garde-faune auxiliaire ne soit pas suspendu et désarmé immédiatement.»
Whispers toujours aux soins intensifs
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Le matou Whispers, hospitalisé au Tierspital à Berne depuis le 31 décembre, a été opéré.

«Compte tenu de la gravité de sa blessure et de tout ce qu'il a subi depuis, Whispers va mieux de jour en jour, même s'il reste aux soins intensifs et, donc, dans un état critique», dit David Spreng, le spécialiste en chirurgie vétérinaire pour petits animaux qui l'a opéré jeudi. Afin de résorber son infection et de contribuer à la reconstitution de sa mâchoire, une fixation externe faite d'une barre métallique reliant deux clous lui a été posée. «Nous verrons ensuite s'il récupère l'usage de sa mandibule ou si de nouvelles opérations sont nécessaires», commente le spécialiste.
A l'instar de la propriétaire de l'animal, Cynthia Michel, le vétérinaire confirme que, jusqu'ici, le coût des soins et opération pourrait atteindre 3500 francs. La jeune femme attend, notamment, de l'action pénale qui sera ouverte contre l'auteur du tir, d'être remboursée de la totalité de ces frais. La Boélande prend chaque jour des nouvelles de son protégé auquel elle va rendre visite ce samedi. Mais n'en fait-elle pas trop? «On m'a fait ces remarques, mais j'ai aussi reçu deux lettres et des courriels de gens qui me soutiennent» répond-elle. Cynthia Michel apprécie enfin la qualité des soins et l'attention soutenue qu'accorde à son matou le personnel du Tierspital. «Ils sont géniaux, à chaque fois que j'appelle , ils parlent de mon chat en utilisant son prénom. Leur attention à son égard n'est jamais feinte!»
http://www.lapresse.ch/vqhome/edition/riviera___chablais/whispers_130107.edition=rc.html