Leuthanasie peut être un acte damour et de délivrance
Animaux - Comment bien anticiper la fin de vie de votre compagnon à poil ou à plumes.
fabrice breithaupt
Publié le 22 février 2007
La mort médicalement assistée concerne la grande majorité de nos compagnons à quatre pattes ou à ailes, rares étant ceux qui meurent naturellement, de vieillesse. Or, mal préparé, cet événement important, déjà pénible pour les vétérinaires, peut laisser aux maîtres des traces psychologiques aussi profondes que douloureuses. Explications.
- Quand une euthanasie peut-elle être envisagée? L'euthanasie chez l'animal est régie en Suisse par la Loi fédérale sur la Protection des Animaux, qui précise que "personne ne doit de façon injustifiée imposer aux animaux des douleurs, des maux ou des dommages ni les mettre en état d'anxiété." Partant, "dès que des animaux sont malades ou blessés, le détenteur doit les loger, les soigner et les traiter compte tenu de leur état ou, à défaut, les mettre à mort" (Ordonnance fédérale sur la Protection des Animaux), soit l'obligation légale d' "abréger les souffrances" d'un animal, si on ne peut (ou ne veut, car coûtant trop cher par exemple) le soigner, en vue de sa guérison.
La décision en incombe aux propriétaires. Ceux-ci doivent en parler à leur vétérinaire, qui les conseillera.
Mais, s'il estime que les arguments avancés par le propriétaire pour justifier sa demande d'euthanasie sont contraires à la déontologie, le vétérinaire peut refuser de la pratiquer, en son âme et conscience.
De plus, si une personne s'avère être coutumière de faire mettre à mort régulièrement des animaux qu'elle détient, sans raison autre que sa commodité personnelle par exemple, une procédure administrative peut être intentée à son encontre.
L'euthanasie doit être envisagée lorsqu'il n'y a plus d'espoir et être considérée comme la solution du dernier recours, lorsque l'état de santé de l'animal est défaillant, que sa qualité de vie est diminuée et que le pronostic médical est sombre (souffrances intolérables infligées par une maladie incurable, blessures ou mutilations handicapantes suite à un accident, ou dégénérescence insupportable due à un âge avancé).
- Où l'effectuer? Au cabinet du vétérinaire ou chez vous, si vous estimez que son environnement familier peut éviter du stress à votre animal.
- Et comment est-elle pratiquée? Le vétérinaire injecte des barbituriques à haute dose, selon différentes techniques. Si l'animal est nerveux, cette injection peut être précédée par celle d'un sédatif pour le tranquilliser. Dans tous les cas, la bête ne doit pas souffrir et s'endormir définitivement et sereinement.
- Faut-il assister à l'euthanasie? La réponse est en chacun de nous. Certes, il n'y a pas d'obligation. Mais cet événement est émotionnellement difficile. Or, n'oubliez pas que les animaux ressentent nos émotions. Donc, si vous pensez ne pas pouvoir maîtriser votre stress et votre chagrin en sa présence, évitez d'assister à cette opération au risque de lui transmettre votre angoisse et votre peine.
- Si oui, à quoi faut-il s'attendre? Dans certains cas, si l'animal n'a pas été endormi préalablement, son corps peut produire des réactions physiques (profonds soupirs, voire libération d'urine ou de matière fécale).
Pour mieux vivre le deuil
Les jours suivant l'euthanasie sont difficiles à traverser.
Quelques conseils pour mieux supporter cette épreuve.
- N'ayez pas honte de pleurer. Il est normal d'avoir du chagrin pour un animal avec lequel on a partagé plusieurs années de sa vie.
- Gardez-vous de déprimer. Ne restez pas cloîtré chez vous. Et essayez de parler de votre peine avec des proches compréhensifs.
- Attention à ne pas culpabiliser. Rappelez-vous que l'euthanasie de votre compagnon était le seul recours pour le soulager de ses souffrances ou de son triste sort.
- Accepter la mort de votre animal. Le refus de cette dernière peut bloquer le deuil.
- Défaites-vous de ses affaires (gamelle, jouets, collier, etc.). Cela aide à accepter que votre animal ne sera plus jamais là.
- Ne négligez pas les éventuels autres animaux de votre foyer.
- Et rappelez-vous qu'«avec le temps, va, tout s'en va». (fb)
Que faire de la dépouille?
- La plupart du temps, les maîtres laissent la dépouille de leur animal au vétérinaire.
- A Genève, si les propriétaires veulent faire incinérer le corps de leur animal sans en conserver les cendres, la dépouille est déposée au Centre Intercommunal des Déchets Carnés (CIDEC) à Carouge. Par contre, s'ils veulent récupérer les cendres, ils doivent en faire la demande. Le cadavre sera alors brûlé individuellement au Centre romand d'incinération pour animaux de compagnie (Cremadog) à Montmollin (NE).
- Vous pouvez ensuite enterrer les cendres dans un cimetière. Mais le seul cimetière pour animaux domestiques, le Jardin du Souvenir, est situé au Chalet-à-Gobet (VD), à plus de 140 km aller-retour de notre canton. Notez que ce cimetière n'accepte que les urnes funéraires et pas les corps entiers. Ces services (enlèvement du corps, incinération, récupération des cendres et location d'une place au cimetière) sont payants.
- Attention: selon la loi, vous ne pouvez pas enterrer votre animal dans votre jardin si celui-ci pèse plus de 10 kg.
- Plus d'infos et contacts utiles:
- Office vétérinaire cantonal de Genève: 022 388 71 60
- Cidec: 022 342 50 43
- Cremadog: 032 731 20 30
- Cimetière Le Jardin du Souvenir (SPA vaudoise): 021 784 80 00 (fb)
http://www.tdg.ch/tghome/interactif/le_conseil_du_specialiste0/euthanasie__22_02.html