Le meilleur chien policier de Suisse est fribourgeois

Publié le par Steve

 

Stéphane Berney - 28/04/2007
Le Matin

Cette année, le meilleur chien policier de Suisse est fribourgeois. C'est un berger allemand de 8 ans. «Firo-du-Boidamont» a remporté le titre devant 47 concurrents. Le sergent Daniel Bourqui, de la police fribourgeoise, l'a entraîné depuis l'âge de 2 mois et demi

 

Star mais grand professionnel avant tout. «Firo-du-Boidamont», berger allemand âgé de 8 ans, capable de courir à des pointes de 40 km/h, connaît la différence entre plaisir et travail. Son péché mignon, c'est mordre dans une balle de caoutchouc reliée à une corde d'alpinisme. Mais pour avoir droit à ce plaisir, pas question de désobéir à son maître, Daniel Bourqui, sergent de la police fribourgeoise en poste à Bulle. Une discipline qui a conduit ces deux inséparables amis et collègues à décrocher le prix du meilleur chien policier de Suisse.

Les épreuves se déroulaient du 21 au 23 mars dernier à Rübigen (BE) et réunissaient 48 concurrents. «Firo» a obtenu 284 points sur 300 dans six disciplines: obéir, rechercher des objets le long d'un chemin, débusquer des personnes dans un bâtiment et en forêt, suivre une piste, et la défense. Il s'est imposé devant un chien vaudois et un saint-gallois. «Firo» a même obtenu à cette occasion le prix de la meilleure obéissance.

«Pour le récompenser, je lui ai donné un cervelas, comme d'habitude, car il adore ça», explique le policier âgé de 45 ans, par ailleurs expert fédéral en matière de dressage de chiens. Le cervelas, une friandise que «Firo-du-Boidamont» a connu tout jeune. «Lorsque je l'ai accueilli à 2 mois et demi, je mettais des morceaux de cervelas au milieu de traces sur une longueur de 10 m pour l'entraîner à suivre une piste.» Au fil de l'entraînement, Daniel faisait disparaître la viande, il ne laissait plus que l'odeur des semelles de chaussures et il allongeait la piste jusqu'à 1 kilomètre.

Quatre chiens à la maison
Entré dans la police en 1983, Daniel Bourqui a travaillé avec son premier chien policier en 1989. «En règle générale, chaque chien de police appartient au gendarme qui le conduit», précise Jean-Paul Berset, 52 ans, lui aussi expert fédéral et responsable de ce secteur à la police fribourgeoise. Sa section compte seize chiens en tout, dont dix bergers allemands d'intervention et cinq jeunes en formation. «Et un chien de recherche de race saint-hubert qui intervient aussi dans d'autres cantons romands, car pour l'heure seul Vaud en possède un, tandis que Neuchâtel en forme un autre», explique Jean-Paul Berset. «Ce saint-hubert appartient à la police mais je l'héberge chez moi avec mes trois autres chiens», précise Daniel Bourqui.

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«Ma méthode, c'est d'entraîner deux disciplines par jour en jouant avec l'animal»
Daniel Bourqui, expert fédéral en matière de dressage de chiens

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Pour arriver à un tel niveau d'excellence avec «Firo-du-Boidamont», c'est 8 ans de travail, à raison de 2 heures par jour et 18 ans d'expérience avec les chiens. «Ma méthode, c'est d'entraîner deux disciplines par jour en jouant avec l'animal.» Au début, Daniel s'est caché en forêt jusqu'à ce que «Firo» le retrouve pour lui apprendre la recherche de personnes. Vient ensuite l'apprentissage de la morsure: «On les entraîne à mordre au bras ou à la jambe.» Jean-Paul Berset concède: «Souvent les chiens n'ont même pas besoin de mordre très fort car les suspects se couchent directement, apeurés.»

«Firo», comme la majorité des chiens de la police fribourgeoise, est entraîné pour la polyvalence. «Ils font surtout des interventions sur des personnes, de la recherche de stupéfiants et d'explosifs.» Et d'expliquer que le berger allemand est une race qui convient très bien à ces multiples tâches. «Nous choisissons d'ailleurs des lignées de travail plutôt que des chiens de beauté».

Dans la maison de Daniel au Mouret (FR), «Firo» est le chouchou de la famille. «Dans deux ans, lorsqu'il sera âgé de 10 ans, ce sera déjà l'heure de la retraite pour «Firo». Il pourra faire des siestes à loisir au salon.» Mais la relève est assurée, puisque «Obélix-du-Boidamont», le petit-cousin de «Firo», âgé de 20 mois, est pris en main par Daniel Bourqui. Il apprend les ficelles du métier pour se montrer digne de son prédécesseur.

Daniel Bourqui et «Firo-du-Boidamont»

Daniel Bourqui est âgé de 45 ans. Il est sergent dans la police fribourgeoise. Il est marié avec Antoinette et papa d'un enfant. Il habite au Mouret. «Firo-du-Boidamont» est né le 12 octobre 1999 à Senèdes (FR). Ce berger allemand a été sacré meilleur chien policier de Suisse 2007, le 23 mars à Rübigen (BE).

Les épreuves à réussir pour gagner

Rechercher
Dans des bâtiments et une forêt (deux personnes à trouver).

Pister
Flairer et suivre une trace.

Découvrir
Trois objets sur la piste et trois autres dans une portion de terrain (le chien se couche dès qu'il les a trouvés).

Arrêter
Deux malfaiteurs (personnes munies de combinaisons de protection)

Une lignée vieille de trente ans

 

«Firo-du-Boidamont» est un berger allemand issu d'une lignée de chiens de travail vieille de 30 ans. C'est Albert Perler, à Senèdes (FR), qui l'a créée. «Il lui a donné ce nom de famille, car la forêt située entre les villages de Senèdes et Ependes porte le nom de Boidamont», explique Daniel Bourqui, le maître de «Firo». «Novak-du- Boidamont», né le 3 avril 1995, est le grand-père de «Firo», et «Baron-du-Boidamont», né le 8 décembre 1992, son arrière-grand-père. Avec «Firo», Daniel Bourqui a déjà été plusieurs fois champion suisse dans des concours civils. «L'habitude des compétitions atténue le stress du maître et donc celui du chien.»

 

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Publié dans Infos dans le monde

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